
Le gouvernement serre la vis sur les véhicules polluants avec une surtaxe en forte augmentation. Le malus écologique 2025 sera plus sévère, avec un seuil abaissé et une hausse du plafond dès le 1er mars prochain.
Adopté en force grâce à l’article 49.3, le budget 2025 acte un nouveau tour de vis fiscal pour les automobilistes. Parmi les mesures les plus marquantes, le durcissement du malus écologique 2025 promet de peser davantage sur les véhicules thermiques et hybrides les plus polluants.
En abaissant le seuil de déclenchement et en augmentant le plafond de la taxe, le gouvernement entend accélérer la transition vers des véhicules moins émetteurs de CO2.
Malus écologique 2025 : une forte hausse

La fiscalité automobile s’apprête à franchir un cap inédit. Le projet de loi de finances 2025, adopté via le 49.3, prévoit un durcissement majeur du malus écologique, pénalisant davantage les véhicules les plus émetteurs de CO2.
Dès cette année, le seuil de déclenchement passera de 118 g/km à 113 g/km, entraînant un premier malus de 50 euros. Par exemple, la petite Peugeot 208 équipée du bloc thermique essence de 100 ch avec boîte de vitesses manuelle 6 rapports dans sa finition Allure sera soumise à cette taxe.
Plus le véhicule pollue, plus la note grimpe, atteignant désormais un plafond de 70.000 euros pour ceux dépassant 192 g/km de CO2.
Mais ce n’est qu’un début. En 2026, le seuil descendra encore à 108 g/km, avec un plafond relevé à 80.000 euros pour les voitures émettant plus de 191 g/km.
En 2027, il tombera à 103 g/km, tandis que la taxe maximale s’élèvera à 90.000 euros pour les modèles dépassant 190 g/km. Autrement dit, en seulement trois ans, le gouvernement prévoit de durcir drastiquement la fiscalité sur les véhicules thermiques.
Le malus au poids aussi dans le viseur

L'autre axe de renforcement concerne le malus au poids. Actuellement appliqué dès 1,6 tonne, il sera abaissé à 1,5 tonne dès 2026. Chaque kilogramme au-delà de ce seuil coûtera 10 euros, avec une majoration progressive pouvant atteindre 30 euros/kg pour les véhicules les plus lourds.
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Les voitures électriques, jusqu’ici exemptées, ne seront plus totalement épargnées. À partir du 1er juillet 2026, elles seront elles aussi concernées, bien qu’un abattement de 600 kg soit prévu pour compenser le poids des batteries. Cette évolution pourrait bouleverser le marché, notamment pour les SUV électriques, souvent parmi les plus lourds du segment.
Une réforme qui inquiète les professionnels
Face à cette montée en puissance du malus, les acteurs du secteur tirent la sonnette d’alarme. L’organisation Mobilians, représentant la filière automobile, dénonce une trajectoire fiscale "sans précédent", estimant qu’en 2027, près de 77% des véhicules neufs seront concernés par le malus, contre 66% en 2025.
Selon une étude du cabinet Dataneo, cette fiscalité agressive risque d’avoir un effet dissuasif sur l’achat de véhicules neufs, alors même que les ventes de voitures électriques peinent à décoller. Un signal préoccupant pour les constructeurs et concessionnaires, déjà confrontés à une baisse de la demande et à une transition écologique complexe.
Reste à savoir si cette réforme incitera réellement les automobilistes à se tourner vers des modèles plus vertueux ou si elle freinera le renouvellement du parc automobile, au risque de retarder l’objectif de réduction des émissions de CO2.